Procès Kabila : entre trahison, espionnage et controverse sur la nationalité

Kinshasa, 22 août 2025 – Le procès de l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter des débats passionnés et des contradictions juridiques. Alors que le ministère public maintient l’accusation de haute trahison, la partie civile a plaidé, lors de l’audience de jeudi devant la Haute Cour militaire, pour une requalification en infraction d’espionnage, assortie d’une demande d’indemnisation estimée à 24 milliards de dollars américains.

Un paradoxe interpelle : comment un homme soupçonné d’avoir usurpé la nationalité congolaise pourrait-il être poursuivi pour trahison à l’égard d’un pays dont il ne serait même pas citoyen ? D’un côté, le ministère public considère Joseph Kabila comme Congolais, tandis que la partie civile l’assimile à un « agent double ».

Dans ce procès hors norme, l’État congolais apparaît à la fois comme victime, juge et accusateur, faisant dire à certains observateurs, à l’instar de Richard Muyej, qu’il s’agit d’« une pièce de théâtre où l’identité du protagoniste change selon les besoins du scénario ».

Au procès Kabila , on réclame 24 milliards de dollars pour trahison, mais soudain il devient espion ayant usurpé la nationalité congolaise. Curieux paradoxe : Comment trahir un pays dont on ne serait même pas citoyen ? Le ministère public le dit congolais, la partie civile (sic) le voit en agent double. Et cerise sur le dossier : L’Etat congolais est à la fois victime, juge et accusateur. Une pièce de théâtre où l’identité du protagoniste change selon les besoins du scénario. Justice ou tragédie nationale ? En RDC mon pays, même les procès ont des rebondissements dignes d’un feuilleton. », déclaré l’ex gouverneur du Lualaba.

Entre justice et perception de tragédie nationale, l’affaire Kabila s’impose comme l’un des feuilletons judiciaires les plus suivis de l’histoire politique récente de la République démocratique du Congo.

JOEL NDEWASA

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